Vous êtes dirigeante d'une société qui se porte bien. Vous vous versez un salaire, parfois des dividendes, et vous avez le sentiment que les choses pourraient être mieux optimisées, sans savoir exactement où commence l'optimisation. La structure de rémunération d'un dirigeant n'est pas figée. Elle se réévalue régulièrement, en fonction de la situation familiale, fiscale, et des projets de vie.
Sophie ne s'était jamais posé la question depuis la création de sa société. Un ami lui avait conseillé la SASU au démarrage. Elle avait suivi ce conseil, et n'avait plus remis le sujet sur la table depuis.
Sophie, 40 ans, présidente de SASU, dirige une activité de services qui génère un chiffre d'affaires stable et en croissance. Son mari est cadre supérieur, avec un salaire annuel dépassant 130 000 €. Deux filles de 8 et 6 ans. Sa question, posée simplement lors de notre premier rendez-vous : est-ce que ma structure de rémunération est encore adaptée à mes attentes actuelles et futures ?
La situation au moment de la prise de contact
En tant que présidente de SASU, Sophie avait le statut d'assimilé salariée. Ce statut offre une protection sociale proche de celle d'un cadre du privé, mais génère des cotisations sociales élevées sur la rémunération, de l'ordre de 75 à 80 % du salaire net, selon un barème par tranche. Les dividendes versés par une SASU sont soumis à la flat tax (30% avant 2026, 31,4% depuis), sans cotisations sociales supplémentaires.
Le foyer fiscal de Sophie et de son mari était en tranche marginale d'imposition à 41 %. Chaque euro supplémentaire de revenu imposable coûtait cher. Et la protection sociale de Sophie, bien que solide sur le papier, générait des droits à retraite modestes au regard des cotisations versées.
Les questions que se posait Sophie
Est-ce que le statut d'assimilé salariée est toujours le plus adapté à sa situation, ou est-ce qu'une autre solution était envisageable pour optimiser le coût entreprise ? Quel est le bon équilibre entre rémunération et dividendes dans sa situation fiscale familiale ? Sa protection sociale est-elle suffisante, notamment en cas d'aléas à l'égard de ses deux filles ? Et comment construire une stratégie d'épargne retraite plus optimale, en jouant sur la retraite par répartition et par capitalisation ?
La question du statut social du dirigeant et plus largement de la forme sociale de la société n'est pas que fiscale. Elle dépend d'un ensemble de variables comme le juridique, le développement envisagé, les attentes personnelles du dirigeant et de son foyer fiscal, ses besoins de protection sociale, et ses objectifs de moyen terme. Il n'existe pas de réponse universelle : il existe une réponse adaptée à chaque situation.
L'approche retenue
L'accompagnement a commencé par un recueil précis de la situation : rémunération actuelle, résultat de la société, situation fiscale du foyer, besoins de liquidités personnelles, projets à horizon trois et dix ans. C'est cette lecture globale qui a permis de construire des simulations comparables, et non des projections isolées.
Le « match » entre statut d'assimilé salariée (SASU) et statut de gérante majoritaire (SARL unipersonnelle) a été réalisé à variables constantes, pour une comparaison rigoureuse : même coût entreprise, même objectif de revenu net en poche, mesure de l'écart réel de charges sociales et de couverture.
Une économie de charges sociales n'a de valeur que si elle ne crée pas une lacune de protection qu'on devra financer autrement. C'est pourquoi la comparaison intègre toujours la protection sociale et les droits à retraite générés par chaque option.
Ce qui a été concrètement mis en œuvre
Concrètement, la démarche a consisté à :
- simuler et comparer le coût entreprise et le revenu net en poche dans les deux statuts (assimilé salariée SASU / gérante majoritaire EURL) à budget rémunération (le coût total pour l'entreprise), protection et retraite équivalents,
- intégrer la situation fiscale du foyer (TMI 41 %) pour déterminer le mix optimal entre rémunération imposable et dividendes, en tenant compte du fait que les dividendes versés par une SARL au gérant majoritaire sont soumis aux cotisations sociales TNS au-delà de 10 % du capital social,
- évaluer les lacunes de protection sociale induites par chaque scénario et dimensionner des contrats facultatifs adaptés (mutuelle et prévoyance, autres assurances liées au dirigeant),
- construire une stratégie d'épargne retraite via un Plan d'Épargne Retraite (PER) individuel, dont les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite de plafonds, pour compenser les droits à retraite insuffisants générés par les cotisations obligatoires,
- poser les bases d'un dispositif d'épargne salariale à mettre en place à l'échelle de la société, pour optimiser les flux futurs à fiscalité allégée (nécessité d'avoir un salarié).
Ce qui a concrètement changé
Le changement de statut s'est avéré pertinent dans la situation de Sophie. L'économie annuelle de charges sociales générée par la transformation de SASU en SARL, a permis d'augmenter à la fois son revenu disponible et la trésorerie de sa société. Cela lui a notamment permis de financer intégralement les versements sur son PER individuel, avec un impact fiscal immédiat sur le foyer et la construction de son patrimoine à la retraite.
Sophie dispose désormais d'une stratégie de rémunération lisible, d'une protection sociale calibrée, et d'une vision claire de ses droits à retraite. Et elle sait que cette organisation devra être réévaluée régulièrement, notamment au rythme des évolutions de la famille, de la fiscalité et de l'activité.
Ce que ce cas illustre
La structure de rémunération d'un dirigeant n'est pas un choix que l'on fait une fois au moment de la création. C'est une variable qui doit être réévaluée régulièrement, en fonction de la croissance de l'activité, de l'évolution de la situation personnelle, et des changements fiscaux et sociaux.
Un euro mal prélevé aujourd'hui est un euro perdu définitivement. Et l'optimisation de la rémunération, contrairement à d'autres opérations patrimoniales, génère des bénéfices chaque année, pour un coût ponctuel.
Si vous êtes dirigeante et que vous n'avez pas réévalué votre structure de rémunération depuis plus de deux ans, il y a de bonnes chances qu'elle ne corresponde plus exactement à vos attentes du jour. C'est souvent la mission qui coûte le moins cher et rapporte le plus vite. Prenons le temps d'un premier échange, sans engagement.
Vous vous reconnaissez dans cette situation ?
Un premier échange sans engagement pour faire le point sur votre situation.
Échanger sur votre situation