Investir en private equity

Financer l'économie réelle, en dehors des marchés cotés

Le private equity (capital-investissement)

Le private equity, ou capital-investissement, consiste à investir dans des entreprises non cotées en bourse (PME et ETI), à différents stades de leur développement. C'est un financement direct de l'économie réelle.

Il se distingue des marchés cotés par plusieurs caractéristiques : l'illiquidité (il s'agit d'entreprises non cotées, sans marché régulé), l'horizon d'investissement (un engagement de long terme), une gestion active (le gérant accompagne les entreprises) et une recherche d'alignement des intérêts. Ce n'est pas un substitut aux marchés cotés, mais une brique d'allocation distincte. Une certaine décorrélation aux marchés cotés peut être recherchée, bien que chaque entreprise reste pleinement exposée à la conjoncture macroéconomique.

Longtemps réservé aux investisseurs professionnels, il est désormais accessible aux particuliers avertis, via des véhicules dédiés.

Notre conviction

Le private equity n'est pas un passage obligé, et nous ne le proposons pas à tout le monde. Il peut être très pertinent pour les investisseurs qui acceptent le risque de perte en capital, peuvent immobiliser une partie de leur patrimoine sur une longue durée et disposent de la surface financière nécessaire. L'enjeu n'est donc pas de rendre cette classe d'actifs accessible à tous, mais d'offrir à ceux-là une expérience d'investissement de niveau institutionnel, toujours en adéquation avec leurs objectifs.

Immeuble de bureaux moderne en verre à la tombée du soir, illustrant les entreprises financées par le private equity

Pourquoi investir en private equity

Les atouts

  • Potentiel de rendement élevé, mais variable et non garanti : historiquement, la performance annuelle (TRI) est souvent comprise entre 7 % et 20 %, selon les millésimes et les gérants. La performance se mesure aussi en multiple du capital (sur le montant décaissé et sur l'engagement), et pas seulement en taux annuel. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
  • Diversification : une classe d'actifs en partie décorrélée des marchés cotés, à relativiser car les taux et l'économie influent sur les valorisations.
  • Financement de l'économie réelle : soutenir des entreprises dans leur développement.
  • Accessibilité : accessible aux particuliers via des fonds diversifiés (dès quelques milliers d'euros pour certains FCPR, ticket plus élevé pour les FPCI).

Répondre à des objectifs patrimoniaux

  • Diversifier un patrimoine déjà constitué.
  • Préparer la retraite : la logique de « Re-Up » (investir sur plusieurs millésimes) étale les souscriptions et génère des flux de distributions réguliers dans la durée.
  • Réemployer le produit d'une cession d'entreprise ou d'actifs.

Points d'attention

  • Risque de perte en capital, pouvant aller jusqu'à la perte totale.
  • Illiquidité : capital immobilisé longtemps, souvent 7 à 10 ans, voire davantage.
  • Appels de fonds progressifs : le capital est versé au fur et à mesure, à la demande du gérant.
  • Courbe en J : la performance est souvent négative les premières années, avant les distributions.
  • Forte dispersion entre gérants : la sélection est déterminante.
  • Frais à plusieurs niveaux : il faut toujours raisonner en performance nette.
  • Valorisations périodiques, non continues. Pour les fonds evergreen, la liquidité est encadrée et non garantie.
  • Indicateur de risque élevé (SRI souvent de 6 sur 7).

L'ampleur de ces deux phénomènes (appels de fonds et courbe en J) dépend fortement du type d'accès au fonds, comme l'illustre le graphique suivant.

Flux de trésorerie appelé, primaire et secondaire (estimatif)

100 %50 %0 %-50 %-100 %12345678910AnnéesPoint d'engagement appelémaximal en secondaireSortie nette en cash en primaireSortie nette en cash en secondaire

Schéma illustratif à visée pédagogique, hors frais et fiscalité, non contractuel.

Comment investir en private equity

Plusieurs véhicules et modes de détention, selon votre profil :

  • FCPR (Fonds Commun de Placement à Risques) : ouvert à un large public, cadre fiscal attractif sous conditions de durée et de blocage, portefeuille diversifié de sociétés non cotées.
  • FPCI (Fonds Professionnel de Capital Investissement) : réservé aux investisseurs avertis (ticket plus élevé, souvent à partir de 100 000 €), stratégies parfois plus spécialisées.
  • Différents formats : fonds fermé (durée d'environ 10 ans), evergreen (souscriptions continues, rachats encadrés), semi-liquide, secondaires (actifs plus matures, distributions plus rapides), co-investissements.
  • Modes de détention : en direct via un fonds, en unités de compte dans une assurance-vie ou un PER, ou via une société (holding).

Fonds evergreen ou fonds fermé : quelle différence ?

Un fonds evergreen (ou semi-liquide) est un véhicule de private equity ouvert : il accepte des souscriptions en continu, n'a pas de date de liquidation prévue à l'avance, et propose des fenêtres de rachat à intervalles réguliers, sur la base d'une valeur liquidative.

Un fonds fermé classique fonctionne à l'inverse : vous vous engagez sur un montant, la société de gestion l'appelle par tranches sur trois à cinq ans, puis restitue le capital au fil des cessions, sur une durée de vie de dix à douze ans.

Fonds ferméFonds evergreen
Durée de vie10 à 12 ansPerpétuelle ou très longue
Mise au travail du capitalProgressive, par appels de fondsDès la souscription
Produits de cessionDistribués aux investisseursRéinvestis dans le fonds
LiquiditéAucune avant les cessionsFenêtres de rachat encadrées
ValorisationTrimestrielleSouvent mensuelle
DiversificationDépend du type de fonds : souvent large dans les deux cas
Ticket d'entrée30 000 à 100 000 €10 000 €

Fourchettes indicatives, variables selon les fonds. Vérifiez toujours le règlement du fonds concerné.

Notre vision

La démocratisation du private equity est une bonne chose pour l'épargnant, mais elle impose plus que jamais de dimensionner l'illiquidité et de sélectionner rigoureusement les gérants et leurs fonds. La liquidité « organisée » des formats evergreen ne doit jamais être assimilée à celle d'un actif coté.

Pour comprendre le fonctionnement et les limites de ce format, lisez notre article Private equity evergreen.

Les sous-stratégies du private equity

Le private equity regroupe plusieurs sous-stratégies, qui n'ont pas le même profil de risque, ni le même horizon, ni la même logique de création de valeur. Elles se distinguent selon deux logiques complémentaires :

Selon le mode de déploiement des capitaux

  • Primaire : souscrire à un fonds dès sa création et l'accompagner sur tout son cycle de vie.
  • Secondaire : racheter des parts de fonds déjà existants, sur des actifs plus matures (meilleure visibilité, courbe en J atténuée, distributions souvent plus rapides).
  • Co-investissement : investir directement, aux côtés d'un fonds, dans une société cible spécifique.

Selon le stade de développement de l'entreprise financée

  • Capital-risque (venture) : financer de jeunes entreprises à fort potentiel, souvent innovantes. Risque élevé et forte dispersion des résultats.
  • Capital-croissance et capital-développement (growth) : accompagner des entreprises déjà établies dans l'accélération de leur croissance.
  • Capital-transmission (LBO, buy-out) : prise de participation majoritaire dans des entreprises matures et rentables, en combinant fonds propres et effet de levier (dette).
  • Capital-retournement (situations spéciales) : reprise de sociétés en difficulté, dans une logique de redressement.

Les stratégies de capital investissement selon le cycle de vie de l'entreprise

Innovation
  • Start-up
  • En très forte croissance
  • Non rentable
Croissance
  • Scale-up
  • En forte croissance
  • Sur une trajectoire de rentabilité
Capital-développement / Transmission
  • Société mature
  • Marché mature
  • En croissance ou non
  • Rentable à très rentable
Redressement
  • Société en difficulté
  • En procédure collective ou non
  • Fondamentaux sains ou non
Valeur de l'entreprise

Schéma illustratif à visée pédagogique. Les frontières entre stades et stratégies varient selon les gérants et les fonds.

Stratégie en capital investissementCapital-risque, capital-croissance, capital-développement, capital-transmission, capital-retournement
Capital-risque
  • Investissement minoritaire
  • Financement du démarrage
  • Pas de dette
Capital-croissance
  • Investissement généralement minoritaire
  • Financement de la croissance
  • Peu ou pas de dette
Capital-développement
  • Investissement minoritaire
  • Sociétés génératrices de cash-flow
  • Levier financier
Capital-transmission
  • Investissement majoritaire
  • Sociétés génératrices de cash-flow
  • Levier financier
Capital-retournement / Situations spéciales
  • Reprise d'une société en difficulté
  • Majoritaire
  • Absence de levier financier

Primaire et secondaire : deux mécaniques de trésorerie différentes

Le taux déjà investi par un fonds au moment de votre souscription détermine votre point d'entrée dans la courbe en J : plus il est élevé, moins l'attente avant les premières distributions est longue, et moins l'appel de trésorerie initial est marqué.

Courbe de valorisation selon le taux d'investissement du fonds

PRIMAIREEARLY SECONDAIRESECONDAIREInvestissement dans des fonds investisInvestissement dans des fonds investisInvestissement dans des fonds investis< 15 %15 % à 50 %> 50 %15 %investis50 %investisObjectif indicatifde point d'entrée pour laplupart des fonds secondairesAnnées

Schéma illustratif à visée pédagogique. Seuils indicatifs, variables selon les fonds et les gérants, non contractuels.

On ne choisit pas une sous-stratégie dans l'absolu : on la sélectionne selon vos objectifs, votre horizon et votre situation patrimoniale, souvent en combinant plusieurs approches.

Ces stratégies, et d'autres classes du non coté, sont détaillées dans notre glossaire.

Vous hésitez entre ces approches ? Un premier échange permet d'identifier celles qui correspondent à votre profil et à vos objectifs. Prendre rendez-vous.

Bien choisir son fonds

La performance dépend fortement du gérant et du millésime. Notre analyse se fait à deux niveaux : la sélection des sociétés de gestion que nous référençons comme partenaires, puis le choix des fonds que nous proposons à chaque client selon sa situation.

Parmi les critères que nous étudions : l'équipe de gestion et son track record par millésime, la discipline d'investissement, l'alignement des intérêts avec le gérant, et les frais en net de tout.

Le private equity affiche un indicateur de risque élevé (SRI souvent de 6 sur 7), ce qui suppose un accompagnement approfondi, au-delà d'une grille de critères généraliste. Nous partageons volontiers les grandes lignes de notre analyse ; le détail se construit ensemble, lors d'un rendez-vous personnalisé, en fonction de votre situation et de vos objectifs.

Sa place dans votre stratégie patrimoniale

Le private equity est une brique parmi d'autres. Selon vos objectifs, il sert à diversifier votre patrimoine, préparer la retraite (logique de Re-Up) ou réemployer le produit d'une cession.

Notre conviction

La première question n'est pas celle du fonds mais celle de la fraction de votre patrimoine que vous pouvez immobiliser, sur combien de temps et avec quel niveau de risque et d'incertitude sur les flux. Nous dimensionnons ce budget d'illiquidité avant de sélectionner.

Notre accompagnement

Le private equity est une solution d'investissement qui ne convient pas à tout type d'investisseur. L'horizon d'investissement est nécessairement long terme et le profil de risque à minima dynamique. Pour autant, cette classe d'actifs apporte de solides fondamentaux à votre patrimoine.

Nous commençons ainsi par étudier votre situation, vos objectifs et vos attentes, pour définir une stratégie patrimoniale personnalisée et mettre en place une stratégie d'investissement adaptée. C'est en réponse à cela que le private equity et plus largement l'univers du non coté peut être analysé.

Nous investissons du temps et des ressources dans la sélection, la comparaison et l'analyse des sociétés de gestion et de leurs fonds, pour ne référencer que les partenaires que nous jugeons pertinents pour nos clients. L'intérêt d'être accompagné est donc double : définir une stratégie pertinente et sélectionner des solutions qualitatives dans le temps.

Notre sélection de fonds référencés est restreinte et évolutive. Les fonds que nous sélectionnons ne sont pas accessibles en direct par l'investisseur.

Fiscalité

La fiscalité du private equity dépend du type de fonds et du mode de détention.

Certains fonds, les FIP et les FCPI, ouvrent droit à une réduction d'impôt sur le revenu au moment de l'investissement (logique de défiscalisation à l'entrée). Nous ne les traitons pas ici.

En direct

  • Fonds fiscaux : sous réserve des conditions d'investissement du fonds et d'une détention des parts d'au moins 5 ans par l'investisseur, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux (18,6 %) restent dus.
  • Autres fonds : fiscalité des revenus de capitaux mobiliers, au prélèvement forfaitaire unique (flat tax), soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.

En société (à l'impôt sur les sociétés)

Les gains sont imposés à l'impôt sur les sociétés. Pour les fonds fiscaux, un taux réduit s'applique sous conditions. Une attention devra être apportée au traitement comptable de la valorisation des parts du fonds.

Via une enveloppe d'investissement

Au sein d'une assurance-vie, d'un contrat de capitalisation ou d'un PEA (selon l'éligibilité du fonds), c'est la fiscalité de l'enveloppe qui s'applique, avec ses propres règles de disponibilité et de sortie.

Échangeons sur votre stratégie d'investissement

Un premier échange pour comprendre votre situation, vos objectifs et la place du private equity dans votre patrimoine.

Prendre rendez-vous

Questions fréquentes

Quel ticket pour commencer ?

De quelques milliers d'euros pour certains FCPR à 100 000 € et plus pour les FPCI.

Combien de temps mon capital est-il immobilisé ?

Souvent de sept à dix ans, parfois davantage.

Qu'est-ce que la courbe en J ?

Une performance souvent négative au début, avant que les distributions n'apparaissent.

Le rendement est-il garanti ?

Non. Le rendement est variable et le risque de perte en capital peut aller jusqu'à la totalité.

Peut-on investir via l'assurance-vie ?

Oui, en unités de compte, selon les contrats.

Investir en private equity comporte un risque de perte en capital pouvant aller jusqu'à la totalité, une illiquidité forte et un horizon long. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Assistant du cabinet

Réponses aux questions fréquentes

Bonjour, je suis l'assistant du cabinet Sterenn Patrimoine & Conseil. Retrouvez ici les réponses aux questions fréquentes. Pour toute question patrimoniale, un échange avec Théo Daudruy sera nécessaire.

Comment se déroule un premier rendez-vous ?
Un premier échange offert et sans engagement, d'environ 45 minutes à 1 heure, pour comprendre votre situation et vos objectifs. Aucun document n'est obligatoire pour ce premier contact. L'échange peut se faire par téléphone, en visio ou au cabinet.
Quels sont vos domaines d'expertise ?
Stratégies d'investissement, optimisation fiscale, retraite et protection, stratégies immobilières, structuration et transmission, rémunération du dirigeant. Le détail de chaque expertise se trouve dans le menu « Nos expertises ».
Qui est votre interlocuteur ?
Sterenn Patrimoine & Conseil est un cabinet indépendant au capital, fondé par Théo Daudruy, Conseiller en Investissements Financiers (CIF), enregistré à l'ORIAS sous le n° 25000325 et membre de la CNCGP. Le cabinet est situé au 58 rue de Monceau, 75008 Paris.
Comment sont fixés les honoraires ?
La tarification est sur mesure, elle dépend de votre situation et de vos besoins. Le coût des solutions envisagées est toujours présenté en amont, en totale transparence, avant tout engagement.