Dirigeants & Entrepreneurs •Fiscalité
•
6 min de lecture

Épargne salariale dans un cabinet de conseil : partager la performance sans faire exploser les cotisations

Découvrez comment Marie, dirigeante d'un cabinet de conseil de cinq salariés, a mis en place un accord d'intéressement couplé à un abondement sur PEE pour en faire bénéficier son équipe, et elle-même.

Vous dirigez une activité qui tourne bien, portée par le travail de votre équipe. Vous aimeriez le leur rendre concrètement, sans que la moitié de l'enveloppe ne parte en cotisations sociales.

Vous vous interrogez également sur le moyen optimal d'augmenter vos revenus, du fait de ces résultats encourageants.

La situation au moment de la prise de contact

Le cabinet de Marie compte cinq salariés, un effectif sous le seuil de 11 salariés qui déclenche l'obligation légale de partage de la valeur. Rien ne l'obligeait donc à agir. Mais l'activité est lisible, les résultats en nette progression, et Marie souhaitait remercier son équipe sans se contenter d'une prime classique. Côté rémunération personnelle, elle misait sur les dividendes, sans avoir vraiment regardé ce que l'épargne salariale pouvait lui apporter en complément.

Aucun dispositif d'épargne salariale n'avait été mis en place dans l'entreprise, et Marie ne savait pas trop à quoi cela correspondait.

Les questions que se posait Marie

Comment récompenser l'équipe sans que les charges sociales n'absorbent une part trop importante de l'enveloppe ? Comment faire pour que l'équipe ait le sentiment que cette prime est intéressante, sans trop affecter le compte de résultat de la société ?

Quel mode de rémunération devra-t-elle choisir pour également augmenter son revenu disponible ? Doit-elle également verser une prime ?

La découverte des dispositifs d'épargne salariale a par la suite ouvert d'autres questions, que nous avons pu étudier ensemble une à une, de manière personnalisée :

  • Entre intéressement, participation et abondement, lequel privilégier pour une entreprise de cette activité et de cette taille ?
  • Comment articuler cela avec sa propre capacité d'épargne, plus importante que celle de ses salariés ?
La question n'était pas seulement combien distribuer, mais avec quel dispositif chaque euro versé produit le moins de frottement fiscal et social, pour l'entreprise comme pour chaque bénéficiaire, leur permettant de maximiser la perception de valeur.

L'approche retenue

Avec moins de 250 salariés et au moins un salarié dans l'entreprise, Marie remplit les conditions pour bénéficier elle-même des dispositifs d'épargne salariale, au même titre que son équipe. C'est ce qui a orienté le choix vers un accord d'intéressement collectif, et non vers une prime versée directement.

L'intérêt tient à la nature des prélèvements : sous 50 salariés, le forfait social pour l'entreprise est de 0 %. Les sommes versées sont déductibles du résultat de l'entreprise, exonérées de cotisations sociales, et seulement soumises à la CSG et à la CRDS côté bénéficiaire (9,7 %). Versées sur un plan d'épargne, elles sont en plus exonérées d'impôt sur le revenu à l'entrée.

L'accord d'intéressement a permis de calibrer des objectifs de performance et une enveloppe qui serait distribuée aux salariés s'ils étaient atteints. Cela vient sécuriser l'entreprise d'un retournement de marché, tout en permettant à chaque salarié de visualiser concrètement le partage de la valeur. L'enveloppe retenue était de 20 000 € pour les six bénéficiaires (les cinq salariés et Marie).

Marie a souhaité aller plus loin en ajoutant un abondement, c'est-à-dire une prime à l'épargne, lors du versement personnel d'un bénéficiaire sur son PEE.

Ce qui a concrètement changé

Chaque bénéficiaire a reçu 3 333 € brut d'intéressement, soit 3 010 € nets de CSG/CRDS une fois versés sur le PEE, et définitivement exonérés d'impôt sur le revenu. Perçu en cash, Marie (TMI 41 %) n'aurait conservé que 1 776 €, soit 1 234 € de moins. Pour un salarié à TMI 30 %, l'écart est de 903 €.

Ces sommes restent investies sur le PEE et sont bloquées 5 ans, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi.

Sur l'abondement, Marie a versé 3 000 € volontaires sur son PEE, intégralement abondés par l'entreprise, pour un total de 5 709 € nets sur son plan. Quatre salariés ont fait de même à hauteur de 2 000 €, portant leur épargne à 3 806 € chacun. Un salarié n'a pas souhaité verser, et n'a donc pas bénéficié de l'abondement, ce qui illustre bien le caractère facultatif des versements volontaires : personne n'est contraint de maximiser le dispositif.

Au total, l'entreprise a engagé 31 000 € (20 000 € d'intéressement et 11 000 € d'abondement réellement versés), sans aucun forfait social. Ces sommes étant déductibles du résultat, l'économie d'impôt sur les sociétés (25 %) ramène le coût réel à 23 250 €.

À brut égal (3 333 € par bénéficiaire), l'intéressement laisse 3 010 € nets et définitivement exonérés d'impôt sur le revenu, contre environ 1 800 € nets avec une prime classique.

Et le point de départ de cette réflexion reste la performance elle-même : l'accord, calibré sur des critères de résultat, a accompagné une année où le cabinet a généré 80 000 € de marge nette supplémentaire.

Le détail des simulations

Intéressement de 20 000 € : 3 010 € nets et définitivement exonérés d'impôt sur le revenu pour chaque bénéficiaire.
Abondement de 11 000 € : un gain supplémentaire pour ceux qui versent sur le PEE.
Coût total pour l'entreprise : 31 000 €.

Voir le détail des calculsMasquer le détail des calculsIntéressement, abondement, bilan pour l'entreprise
DirigeantSalariésEntreprise
Intéressement : ce que reçoit chaque bénéficiaire
Enveloppe d'intéressement de 20 000 €, répartie entre les 6 bénéficiaires
Part brute
3 333 €
CSG/CRDS (9,7 %)
−323 €
Net versé sur le PEE
3 010 €
Dirigeant, TMI 41 %
Si perçu en cash (IR 41 %) : 1 776 €
Gain via le PEE : +1 234 €
Salarié, TMI 30 %
Si perçu en cash (IR 30 %) : 2 107 €
Gain via le PEE : +903 €
Dans ce cas, le PEE a été privilégié : plus flexible, et l'enveloppe d'abondement n'est pas disponible sur l'intéressement.
Abondement à 100 % : versements volontaires sur le PEE
Dirigeant
Versement : 3 000 €
Abondement : 3 000 €soit 2 709 € nets de CSG/CRDS
Total sur le PEE : 5 709 €
Gain net : +2 709 €
4 salariés
Versement : 2 000 € chacun
Abondement : 2 000 €soit 1 806 € nets de CSG/CRDS
Total sur le PEE : 3 806 € chacun
Gain net : +1 806 € chacun
1 salarié : aucun versement, donc aucun abondement (total sur le PEE : 0 €). Les 4 autres salariés y épargnent 2 000 € chacun.
Abondement total pris en charge par l'entreprise : 11 000 €
Bilan pour l'entreprise
Coût total
31 000 €
Intéressement 20 000 € + abondement 11 000 €
Forfait social : 0 %
Économie d'IS (25 %)
7 750 €
Déductible du résultat imposable
Coût net réel : 23 250 €
Marge nette générée
+80 000 €
Estimée grâce aux critères de performance de l'accord
Comparaison de l'intéressement avec une prime classique
Net par bénéficiaire (TMI 30 %), pour un même montant brut de 3 333 €
Prime classiqueCoût pour l'entreprise : 4 833 €
~1 800 €
IntéressementCoût pour l'entreprise : 3 333 €
3 010 €

Pour Marie, c'est une épargne nette supplémentaire de près de 6 000 €, avec un coût pour l'entreprise de seulement 4 750 € environ après économie d'impôt sur les sociétés. La rentabilité du dispositif (net perçu rapporté au coût avant économie d'impôt) est passée de 37 % à 90 %.

Simulation illustrative, non contractuelle, hors cas particuliers. Hypothèses : charges patronales 45 %, charges salariales 23 %, TMI 41 % (dirigeant) et 30 % (salariés), IS 25 %. Prime classique : net de charges salariales et d'impôt sur le revenu. Intéressement et abondement versés sur le PEE : nets de 9,7 % de CSG et CRDS, exonérés d'impôt sur le revenu à l'entrée. À vérifier selon votre situation et les taux en vigueur.

Ce que ce cas illustre

L'épargne salariale n'est pas réservée aux grandes structures, et ce n'est pas non plus un avantage à sens unique accordé aux seuls salariés. Dès lors qu'il y a au moins un salarié dans l'entreprise, elle devient un véritable levier de rémunération différée pour le dirigeant lui-même, avec un forfait social à 0 % sous 50 salariés qui change complètement l'équation par rapport à une prime classique.

Le dispositif reste par ailleurs souple : l'entreprise choisit le calibrage des dispositifs, dont les règles sont les mêmes pour tout le monde sans avantage pour le dirigeant. Chaque bénéficiaire choisit ensuite librement son niveau de versement volontaire, dans la limite des plafonds légaux. En cas d'année exceptionnelle, l'entreprise peut même prévoir un supplément d'intéressement si les résultats le permettent.

Comme nous l'avons détaillé dans notre présentation des dispositifs d'épargne salariale, le dirigeant peut en bénéficier dès lors que l'entreprise emploie au moins un salarié et compte moins de 250 salariés.

Dispositifs d'épargne salariale : PEE et PERECO

Vous vous reconnaissez dans cette situation ?

Un premier échange sans engagement pour étudier la faisabilité de l'épargne salariale dans votre entreprise, à partir de vos propres chiffres.

Échanger sur votre situation

Autres cas clients

Patrimoine & Investissement

Assurance-vie bancaire à 1,9 % net : comment Thomas a accepté de solder un vieux contrat pour en tirer vraiment parti

Découvrez comment le calcul précis du coût de l'inertie a permis à Thomas de remettre son contrat d'assurance-vie au service de ses projets patrimoniaux.

Lire la suite →
Transmission & Famille

Famille recomposée et transmission : comment protéger tout le monde sans blesser personne

Découvrez comment Nicolas et Isabelle ont organisé une transmission sur mesure pour protéger leur famille recomposée.

Lire la suite →
Patrimoine & Investissement
Immobilier

Investir en SCPI pour générer des revenus complémentaires : une stratégie de long terme, pas un produit miracle

Découvrez comment Claire et Julien ont transformé un héritage de 200 000 € en revenus complémentaires nets de 700 € par mois grâce à un portefeuille de SCPI européennes.

Lire la suite →
Patrimoine & Investissement

Allocation d'actifs financiers : comment redonner du sens à son épargne quand elle s'est construite sans stratégie

Découvrez comment Jean, cadre dirigeant de 50 ans, a remis de la cohérence dans une épargne construite par accumulation, en alignant son allocation financière avec ses objectifs de vie.

Lire la suite →
Fiscalité

Fiscalité et patrimoine : quand payer moins d'impôt n'est pas la bonne question

Découvrez comment Thibault et Caroline ont retrouvé de la maîtrise sur une fiscalité devenue illisible, en restructurant leurs flux de revenus.

Lire la suite →
Dirigeants & Entrepreneurs

Céder son entreprise : pourquoi la préparation patrimoniale ne peut pas attendre le jour J

Découvrez comment Marc et Isabelle ont structuré leur réflexion patrimoniale bien avant la cession de l'entreprise, pour garder la main sur leurs choix et éviter les décisions irréversibles sous pression.

Lire la suite →
Immobilier

Immobilier professionnel et patrimoine personnel : comment clarifier les frontières quand tout s'est mélangé

Découvrez comment Sophie, dirigeante propriétaire de ses locaux, a retrouvé de la lisibilité et de la maîtrise sur un patrimoine immobilier mêlant sphère professionnelle et sphère personnelle.

Lire la suite →
Patrimoine & Investissement

Patrimoine construit par étapes : comment retrouver un fil directeur après vingt ans de décisions isolées

Comment remettre de l'ordre dans un patrimoine constitué au fil du temps : audit, optimisation, arbitrage et fiscalité pour construire une stratégie globale cohérente.

Lire la suite →
Retraite

Patrimoine et retraite : faire le point avant que certaines décisions ne deviennent irréversibles

À l'approche de la retraite, Claire souhaite clarifier son patrimoine afin d'aborder cette transition avec lisibilité et sérénité.

Lire la suite →
Transmission & Famille

Aider ses enfants sans se fragiliser : comment Catherine a trouvé le bon équilibre entre générosité et autonomie

Catherine voulait aider ses deux enfants aux besoins différents. Don familial 31 865 €, abattement 100 000 € : comment donner intelligemment sans toucher à sa retraite.

Lire la suite →
Immobilier

Arbitrer un bien immobilier : comment transformer un actif devenu rigide en levier de rééquilibrage patrimonial

Comment arbitrer un bien immobilier devenu rigide pour retrouver de la liquidité, diversifier et rééquilibrer sa stratégie patrimoniale.

Lire la suite →
Transmission & Famille

Transmission de patrimoine familial : comment organiser l'avenir sans déséquilibrer la famille

Découvrez comment Paul et Anne ont organisé la transmission de leur patrimoine familial de façon équitable et sereine, en préservant l'équilibre familial.

Lire la suite →
Immobilier

Réorganiser un patrimoine immobilier devenu trop lourd : comment retrouver de la liberté sans tout céder

Patrimoine immobilier devenu rigide et trop fiscalisé. Comment retrouver de la souplesse : rentabilité, plus-value, optimisation, transmission et réinvestissement.

Lire la suite →
Dirigeants & Entrepreneurs

Rémunération du dirigeant : et si ce que vous vous versez ne reflétait plus vraiment votre situation ?

Découvrez comment Sophie a repensé sa structure de rémunération pour aligner mix salaire/dividendes, protection sociale et projection patrimoniale avec ses projets de vie.

Lire la suite →
Dirigeants & Entrepreneurs

Structurer le patrimoine d'un dirigeant : comment reprendre la main quand l'entreprise a tout absorbé

Vous dirigez votre entreprise depuis plusieurs années. Votre patrimoine s'est construit en parallèle, souvent en réaction, rarement de manière concertée. Ce cas illustre comment une approche globale et progressive permet de retrouver lisibilité, cohérence et sérénité patrimoniale.

Lire la suite →
Dirigeants & Entrepreneurs

Céder son entreprise : arbitrer entre cession de fonds de commerce et cession de titres

Marc souhaitait céder son activité pour se lancer dans un nouveau projet. Face à la conjoncture et à la complexité du marché, il s'interrogeait sur l'incidence de vendre le fonds de commerce plutôt que les parts sociales, et sur les moyens d'optimiser le remploi de ses capitaux.

Lire la suite →
Transmission & Famille

Faire le point sur sa situation patrimoniale : structurer, optimiser, protéger ses proches et sécuriser l'avenir

Un couple marié de 59 et 60 ans souhaitait clarifier leur patrimoine à l'approche de la retraite, anticiper la transmission à leurs enfants et organiser leur protection mutuelle. Notre étude patrimoniale approfondie a permis de définir une stratégie sur-mesure, réduire la fiscalité successorale et sécuriser leur avenir financier.

Lire la suite →
Dirigeants & Entrepreneurs
Fiscalité

Rémunération de dirigeante : quand changer de statut social fait toute la différence

Sophie, présidente de SASU, n'avait jamais réévalué sa structure de rémunération. Une analyse globale a permis de comparer SASU et SARL, d'optimiser le mix salaire/dividendes et de construire une stratégie retraite sur mesure.

Lire la suite →

Assistant du cabinet

Réponses aux questions fréquentes

Bonjour, je suis l'assistant du cabinet Sterenn Patrimoine & Conseil. Retrouvez ici les réponses aux questions fréquentes. Pour toute question patrimoniale, un échange avec Théo Daudruy sera nécessaire.

Comment se déroule un premier rendez-vous ?
Un premier échange sans engagement, gratuit, d'environ 45 minutes à 1 heure, pour comprendre votre situation et vos objectifs. Aucun document n'est obligatoire pour ce premier contact. L'échange peut se faire par téléphone, en visio ou au cabinet.
Quels sont vos domaines d'expertise ?
Stratégies d'investissement, optimisation fiscale, retraite et protection, stratégies immobilières, structuration et transmission, rémunération du dirigeant. Le détail de chaque expertise se trouve dans le menu « Nos expertises ».
Qui est votre interlocuteur ?
Sterenn Patrimoine & Conseil est un cabinet indépendant au capital, fondé par Théo Daudruy, Conseiller en Investissements Financiers (CIF), enregistré à l'ORIAS sous le n° 25000325 et membre de la CNCGP. Le cabinet est situé au 58 rue de Monceau, 75008 Paris.
Comment sont fixés les honoraires ?
La tarification est sur mesure, elle dépend de votre situation et de vos besoins. Le coût des solutions envisagées est toujours présenté en amont, en totale transparence, avant tout engagement.